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29/08/2006

RDC

 

Sur le site de Sylvie, La Markize au Congo

La vie en RDC

Lundi 28 Août 2006

 

Djambo sana

 

 Après quelques mois d'interruption écrite, me voici à nouveau à mon clavier pour vous envoyer quelques nouvelles.

 

Je suis actuellement à Kinshasa, arrivée hier dimanche, très légèrement explosée de fatigue mais heureuse.Heureuse de n'avoir regretté aucun jour passé en RDC avec MSbip. Et heureuse de bientôt rentrer. Mais avant de rentrer, je vais faire une petite escale vacances en Ethiopie. J'y pars jeudi 31 et reviens sur Kin le 17 septembre pour en suivant m'envoler vers les cieux de mon home, sweet home.
Parait qu'à Adhis il fait froid, il y a des inondations dans le pays et des cas de choléra. A croire que c'est du masochisme de ma part... Mais parait aussi qu'il y a un coin bien tranquille où il fera bon m'y reposer. Alors j'opte pour cette deuxieme possibilite. Car du repos, j'en ai un peu besoin avant de rentrer. Dormir, glander et regarder passer les troupeaux de...vaches. Désolée Héloise, pas de lion ni de girafe. Grand producteur de bovin l'Ethiopie, mais quand même, les bestioles ont des cornes de parfois 1 mètre d'envergure. C'est pas de la vachette. Bref, je vous raconterai en live cette fois-ci.
Pour le Congo, ca y est, c'est presque terminé. J'ai 2 jours pour faire mon rapport de fin de mission et j'ai pas du tout envie parce que c'est pas facile à résumer, ni à faire la part des choses entre le professionnel et mes impressions et évolutions personnelles. Mais je vais m'y mettre quand même et laisser mes doigts glisser tous seuls sur l'alphabet : il va bien en sortir des mots et des phrases. Et puis je m'entraine en ce moment aussi.

 

Le plus incroyable au cours de cette mission a été de rencontrer quelques personnes impressionnantes d'expérience et de qualité humaine et d'avoir aussi ressenti tout au long de ces 11 mois une énergie constante et puissante à faire comme il me plait de vivre. Ca pose évidemment l'enigme du futur : et après ? Et bien après je verrai, pour l'instant j'ai encore plein de présent à vivre.
J'ai appris ici que si on ne connait pas le futur, ça n'est pas une raison pour en oublier le présent. Ici, le temps futur, ils l'emploient pour parler du passé "en ce temps là il me dira que non, qu'il ne pourra pas connaitre le sans emploi". Et le futur ils le résument souvent en 1 mot : queisho = demain. Mais leur demain c'est "après", "plus tard", "un jour", "on verra". Penser trop au futur, ça les empêchent d'avancer, parce qu'il faut dire que le futur ici il est un peu punk sous ses airs aux couleurs africaines.Les plus chanceux apprennent petit à petit la prévoyance. Les autres continuent leur vie au gré du jour le jour. Et je n'ai jamais vu une telle joie de vivre chez les enfants, de tels sourires et une force pareille pour endurer les chocs. Encore la relativité qui vient faire un tour : s'ils n'étaient pas forts, il seraient morts. La fatalité ça les aide. Hélas, des vautours viennent s'immiscer dans l'interprétation de cette fatalité et les églises poussent comme des champignons mortels. Ici, le paradis s'achète à coup de 10% du revenu (en cash, chèvre ou poulet, les chèques ne sont pas acceptés). Et comme personne n'en est encore revenu pour dire que le ticket modérateur c'est de l'arnaque, alors les prédicateurs enrichissent leur spiritualité à coup de billets verts, qu'ils envoient au Brésil, terre sacrée des champignons.

 

Et dans le bush, ils résonnent haut et fort les champignons. L'appel à la prière à partir de 5 du mat (le plus souvent avec une barre de fer tapée sur un vieux parechoc) puis suivent les chants, des voix magnifiques, et entre en scène celui qui crie et qui fait peur au nom de son Schtroumpf. Là, impossible de rester sous la moustiquaire, y a plus qu'à se lever et il est 6h15 du mat. De toutes façons, les gamins du CNT sont déjà en grande forme et finalement couvrent le bruit de toux des patients tuberculeux qui ont craché leur poumon toute la nuit .Le dimanche, tout pareil mais le progrès technique apporte la solution : des boules qies. Et puis au fur et à mesure, l'habitude et la fatigue  deviennent les meilleurs somnifères.

 

Les retours en "capitale" sont plus calmes, les grasses mat du dimanche possibles et les températures plus clémentes. Y a bien eu quelques nuits chaudes à Goma mais le climat était plus versé aux giboulées de coups de balle (comme on dit ici) et là, ça réveille bien. La notion de paix est extrêmement relative sous ces contrées et les "garants de la paix", les fameux casques bleus, ont du foufou sur le mortier. Se rajoutent banditisme et pillage et le tableau est complet.
Un p'tit coup de g'nou maintenant ? : à Ankoro, dans le Katanga, j'ai sauté du ponton vers le talus, pas plus de 50 cm de hauteur, et à la reception, le genou il a pas voulu continuer. Un peu mal. J'ai quand même continué mon trajet en barquette (4h) puis voiture (4h) pour arriver à Mukubu. Retour sur Lubum 2 jours plus tard, radio du g'nou, attelle platrée puis platre circulaire de la cuisse à la cheville puis Nairobi, IRM, replatre, puis Entebbe, puis Goma, puis déplatrage et replatrage (le précédent me cisaillait cuisse et cheville, quelques escarres au passage) puis enfin déplatrage définitif sans attendre la fin des  6 semaines avec au passage un bout de cuisseot en moins car le gars il avait des problèmes d'electricité et quand ça remarchait, il appuyait comme un fou sur sa scie. Forcément, ça n'a pas loupé. Puis attelle à scrach. Le tout avec béquille pour maintenir l'équilibre sur les sols caillouteux, dans les longs couloirs et sur les innombrables marches d'aéroports. Pour la douche, un peu pénible mais les gardiens me traitaient comme une princesse et m'apportaient mon sceau d'eau chaude. Maintenant, ça va,même si je le sens encore un peu faiblard. Question réeducation, pas terrible au Congo alors je bichonnerai mon genou à mon retour sur Paname.
Voilà, c'était juste un dernier petit coucou décousu avant les vrais bisous.

 

Merci pour tous vos messages et photos : je me les regarde régulièrement et je me dis : j'ai de la chance d'être au coeur du Congo à faire ce que je fais mais j'ai surtout de la chance d'être dans le coeur de ma famille et de mes amis.
Merci encore
Sylvie

 

 

18:42 Publié dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

reportage extremement interessant
merci

Écrit par : bernard | 29/08/2006

Un courage à toute épreuve , Sylvie est vraiment une battante , quel reportage , dur et magnifique ! elle partage la vie de ces enfants , de ces gens , qui gardent le sourire , car ils ne pensent pas au lendemain !
Soyez fiers de votre fille , nous sommes bien inutiles nous , avec nos jérémiades !
A faire réfléchir sérieusement !
Toutes nos félicitations pour son dévouement ! amitiés ! huguette

Écrit par : macary huguette | 29/08/2006

Bonsoir,

Il m'a fallu du temps pour aller sur le blog de Sylvie. Elle a bien raison de vivre comme elle le fait, le genou mis à part. J'ai pas mal bougé étant jeune, et je lui souhaite de continuer à faire ce qu'elle aime.
Transmettez lui toute ma sympathie.

Écrit par : christian | 29/08/2006

bonsoir Jean-Claude

je viens de lire le mesage de Sylvie ,
elle fait ce qu'elle aime , pour elle , c'est le plus merveilleux . . par contre j'ai relevé une phrase dont je te parlerai . .cela rejoint tellement mes idées . . je suppose que tu as compris
tu peux etre fier de ta fille ... bravo .

je passerai visiter Oman demain , j'ai aperçu de superbes photos

bonne fin de soirée
agathe

Écrit par : agathe | 02/09/2006

Les commentaires sont fermés.

 
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